
Fallout 4
Buy GameFallout 4 – Concevoir Codsworth
Fallout 4
Buy Game"Je ne le considère jamais vraiment comme un tas de ferraille ou un robot, déclare l'acteur Stephen Russell, et je pense qu'il serait assez d'accord avec ça."
Russell fait référence à son incarnation de Mister Handy, un rôle qu'il a repris dans Fallout 4. Comme les joueurs ont pu le constater de visu ces derniers jours, le célèbre automate a sensiblement évolué depuis Fallout 3. Mais attention, nous ne parlons pas uniquement des machines à tout faire errant sans but dans les Terres désolées, qui en apparence diffèrent assez peu de leurs homologues des épisodes précédents. Non, Russell a aussi prêté sa voix à un Mister Handy très spécial : Codsworth, l'inoxydable et zélé serviteur du nomade solitaire, resté fidèle à son maître longtemps, très longtemps après la chute des bombes. Cette fois, le robot plein de ressources se retrouve sous le feu des projecteurs et décroche un rôle clé dans l'aventure du joueur ; un rôle que Russell a pris beaucoup de plaisir à jouer par ailleurs, car il lui a permis de communiquer un large éventail d'émotions.
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"Pour jouer ses répliques le mieux possible, il valait mieux que je le considère comme un être pensant à part entière, capable de ressentir joie et frustration, plaisir et douleur, affection, colère, enthousiasme, fatigue, raconte Russell. Il a vraiment du cœur."
Les yeux sont le miroir de l'âme
Justement, de quoi est fait le cœur de Codsworth ? Et précisément, en quoi ce modèle est-il différent de celui de Fallout 3 ? Avant d'entrer dans le vif du sujet, il n'est pas inutile de revenir sur l'aspect général du robot. "Pour tout dire, le design du Mister Handy lui confère déjà un caractère très marqué", nous confie Dennis Mejillones, concepteur des personnages senior. Et en effet, le majordome de métal possède une histoire d'une grande richesse, particulièrement appréciée des fans du jeu. Mais en plus de cette aura, il faut également relever que tous les robots de l'univers de Fallout ont été conçus pour que le fictionnel ait l'air fonctionnel. Lors de la phase de création des automates de Fallout 4, Mejillones raconte qu'il gardait constamment cette question à l'esprit : comment ces machines fonctionneraient-elles dans le monde réel ?
Mejillones se souvient d'une remarque de l'artiste principal Istvan Pely qui l'a particulièrement aidé : "Il faut que ça ressemble à de l'électroménager grand public, un appareil qu'on voudrait tous avoir dans notre maison." L'équipe chargée de la conception a donc observé nos objets du quotidien sous tous les angles pour s'en inspirer, comme un grille-pain ou un mixeur. Certaines de ces inspirations se retrouvent notamment dans les yeux de Mister Handy : "La pièce qui couvre son appendice oculaire s'inspire d'un scooter des années 50, révèle Mejillones. Ça lui donne un côté fun et sympa."

Et ces yeux ne sont pas là uniquement pour la décoration, car ce sont les vecteurs essentiels des émotions variées qu'exprime Codsworth dans le jeu. Pour commencer, ils sont gros, ce qui les rend moins menaçants. "C'est prouvé, de grands yeux de biche donnent un côté plus mignon, nous dit Mejillones. Plus les yeux sont petits, plus c'est menaçant, notamment dans le cas des machines qui prennent vite des allures de prédateurs."
Mais il n'y a pas que la taille qui compte : en plus de la ribambelle d'éléments géométriques qu'on retrouve dans les orbites, Mejillones a aussi ajouté un iris dans chaque œil. "Dès qu'on les a vus s'ouvrir et se fermer comme ça, ou se fixer sur vous, ça a immédiatement ajouté une nouvelle profondeur au personnage", raconte-t-il. Et pour cause : Codsworth étant dépourvu de bouche, les yeux sont largement mis à contribution pour communiquer des émotions. "Il a une espèce d'expression qui marche très bien, un peu comme s'il penchait la tête sur le côté, mais uniquement avec les lentilles", sourit Mejillones. L'équipe chargée des animations a aussi joué avec les appendices individuellement, par exemple en faisant pencher le premier vers l'interlocuteur pendant que les autres se balancent doucement, pour lui donner un côté encore plus engageant. "Les yeux sont le miroir de l'âme, nous rappelle Mejillones. C'est grâce à eux qu'il prend vie."
De toutes pièces
Outre ses yeux, Codsworth est aussi caractérisé par la forme de sa carcasse. "Il est rond comme un ballon, s'amuse Mejillones. Qui n'a jamais joué au ballon quand il était gamin ? Tout le monde adore ça !" Même les éléments dangereux qui équipent Mister Handy sont conçus pour être le moins menaçant possible. Les bonbonnes du lance-flammes, par exemple, arborent des couleurs vives, comme une sorte d'avertissement amical et bienveillant qui rend Codsworth encore plus attachant pour le joueur.
Mais ne vous laissez pas tromper par son apparence inoffensive : quand on lui cherche des crosses, Codsworth peut devenir féroce. "L'une des caractéristiques principales des robots en général, c'est qu'ils sont fabriqués de toutes pièces, à l'intérieur comme à l'extérieur", confie Mejillones. Et en effet, notre Mister Handy a une apparence double : avec ses plaques de blindage étincelantes, il a un air sympathique, tout en rondeurs et en courbes ; mais sitôt qu'on les lui enlève, ce n'est plus la même histoire. "Sa silhouette change du tout au tout. On passe d'un ballon tout rond à des angles aigus, avec tous ces câbles et ces raccords. Ça vous rappelle immédiatement ce qu'il est en réalité : une machine implacable."

Cette différence tranchante existe chez tous les robots. "Prenez le robot sentinelle : il fait déjà peur avec son armure, mais si vous l'arrachez, il devient carrément terrifiant !"
Pourtant, Codsworth est bien plus qu'un amalgame de pièces de métal et de câbles. C'est un personnage à part entière qui, si l'on en croit Mejillones, aurait été attachant quelle que soit son apparence. "En fin de compte, Stephen Russell lui donne vie avec tellement de talent que le design que j'ai créé en deviendrait presque accessoire, avoue Mejillones. Il aurait pu être réduit à une simple boîte douée de parole, et vous auriez quand même eu envie de le trimballer partout avec vous."
Des retrouvailles émouvantes
Russell, quant à lui, salue le travail du concepteur principal Emil Pagliarulo, qui selon lui a su insuffler la vie à son personnage. "Emil a vraiment un sens aigu du dialogue, raconte Russell. Il sait comment les gens parlent. Quand l'écriture est bonne, on n'a quasiment plus besoin de jouer. Quand on a des dialogues qui déroulent à la perfection, qui contiennent déjà une part d'humour, c'est une rampe de lancement pour votre propre créativité, votre jeu personnel."
Comparé à son rôle de Mister Handy dans Fallout 3, Russell voit Codsworth comme un personnage entier et abouti, qui a grandement mûri. "Le spectre des émotions est beaucoup plus large cette fois. On décèle aussi une façon de voir le monde et un code de conduite bien définis, qui auraient évolué indépendamment de la programmation initiale. C'est vraiment un personnage très fort."
Cette force apparaît dans toute sa splendeur dès le début du jeu, quand le nomade solitaire tombe pour la première fois sur Codsworth après avoir émergé de l'abri 111. Le robot est usé, fatigué. Sa voix est mal assurée. Il est évidemment heureux de retrouver son maître, mais sa lassitude est palpable et teinte les retrouvailles d'une certaine mélancolie.

"Cette scène était vraiment pleine d'émotions pour moi, témoigne Russell. C'est là qu'on voit toute la richesse de la personnalité de Codsworth. C'est un personnage très fier, dans le sens le plus noble du terme. Il prend son devoir très au sérieux, et sa dévotion et son engagement au service de cette famille sont inébranlables... même s'il lui arrive parfois d'être un peu sarcastique."
Sarcastique ou pas, Codsworth est un ami fidèle du nomade solitaire et l'un des douze compagnons que vous pouvez recruter dans Fallout 4, même si pour Mejillones, c'est le seul choix possible. "Dès que le jeu me permet d'en faire mon compagnon, il devient mon compagnon, confie-t-il. Parce qu'au moment où je me prends une raclée et qu'il me sauve la peau en dégainant son lance-flammes et sa scie circulaire, je me dis : Tu as sauvé ton papa. OK, il critique certaines de mes actions, on n'est pas toujours d'accord... mais c'est pas grave. Je fais avec."